Imaginez un rouge à lèvres qui ne périme jamais, qui ne contient aucun produit chimique et qui se présente sous la forme d'un simple petit pot en terre cuite. C'est l'un des plus vieux secrets de beauté des femmes berbères au Maroc : l'Aker Fassi. Surnommé « le sang de gazelle » (pour sa couleur éclatante, rassurez-vous !), ce pigment végétal est la preuve que nos ancêtres maîtrisaient déjà l'art du maquillage durable bien avant que ce soit à la mode.
Un disque de terre, deux plantes magiques
L’Aker Fassi, ce n'est pas une formule complexe, c'est une alliance botanique minimaliste. Pour obtenir ce rouge si particulier, on utilise seulement deux ingrédients :
- Les pétales de Coquelicot : Séchés au soleil, ils sont riches en pigments (les anthocyanes) et en mucilages, ce qui leur donne des propriétés apaisantes.
- L'écorce de Grenade : Elle sert de fixateur naturel. Riche en tanins, elle permet à la couleur de "mordre" la peau et de tenir des heures durant.
Ce mélange est ensuite appliqué sur un support en terre cuite (généralement un petit plat ou un dôme) qui absorbe le pigment. C’est là que réside le génie du procédé : comme le produit est sec et minéral, il ne peut pas pourrir. Pas besoin de conservateurs, le pot peut vous durer des années.
Pourquoi c'est le "blush" le plus moderne du moment ?
Ce qui est fascinant avec l'Aker Fassi, c'est sa capacité à s'adapter à toutes les carnations. Contrairement aux rouges à lèvres industriels qui peuvent paraître "posés" sur la peau, le pigment de l’Aker Fassi fusionne avec l'épiderme.
- L'effet "lèvres mordues" : C’est le rendu le plus recherché. On ne voit pas de matière, juste une coloration qui semble venir de l'intérieur.
- La polyvalence : C’est le produit 2-en-1 par excellence. Un peu sur les lèvres, un peu sur les pommettes pour un effet bonne mine immédiat.
- La tenue : Une fois que le pigment a séché sur votre peau, il ne transfère presque pas. C'est l'ancêtre du "lip stain" ou de la "teinte à lèvres" moderne, mais sans l'alcool ni les parfums de synthèse.